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Dauphine dans les médias - Revue de presse d'octobre 2014

Les principaux articles, reportages et interviews citant l'Université Paris-Dauphine dans les médias.

A la Une

France Inter consacrait le 27 octobre dernier son émission du Téléphone Sonne à la question du lobbying. Celle-ci faisait suite à la publication par Transparency International d’un rapport consacré à la question qui place la France parmi les mauvais élèves du lobbying. Le lobbying est défini par l’ONG comme “toute communication écrite ou orale entre un représentant ou un groupe d’intérêt et un décideur public dans le buit d’influencer une prise de décision”. L’assimilation du lobbying à la corruption est battue en brèche par un des intervenants qui explique qu’il s’agit d’une image d’Epinal : quand le lobbying s’exerce dans le respect des règles, la corruption est quant à elle condamnée par les articles L 433-1 et L 432-11 du code pénal. À ses yeux, nous vivons dans une société marquée par le rousseauisme qui implique une défiance à l’égard de tout ce qui ressemble à un intérêt particulier. Pourtant, le lobbying contribue au mouvement ascendant de la société civile vers les sphères publiques. Et la “démocratie technicienne” dans laquelle nous vivons impose un échange d’information. Ce qui amène Alexandre Montesquiou, qui préside l’Association Française de Conseil en Lobbying, à exposer que “le lobbying s’est professionnalisé et continue à se professionnaliser notamment à travers des formations qui sont délivrées dans les plus grandes écoles, que ce soit Science-po Paris, Science Po Lille ou l’Université Paris-Dauphine”. (France Inter, 27/10)

Dans son édition du 19 octobre, l’hebdomadaire Jeune Afrique dresse un rapide portrait d’Elyès Jouini qui met en avant le fait que ce Franco-Tunisien âgé de 49 ans est à l’origine de la création d’un campus de l’Université Paris-Dauphine à Tunis en 2009. À l’heure actuelle, quelque 300 étudiants de dix nationalités y suivent un cursus qui se veut le même que celui délivré par la prestigieuse maison-mère. Présenté comme une “figure incontournable de l’enseignement français”, ce Normalien passé par la Sorbonne et l’Ecole nationale de la statistique et de l’administration économique est devenu vice-président de l’Université Paris-Dauphine chargé de la recherche en 2004. Loin de renier ses origines, il n’a eu de cesse de s’évertuer à redonner espoir à une jeunesse tunisienne diplômée en proie à un profond désarroi. (Jeune Afrique, 19-25/10)

Dans la dernière livraison de son hors-série bimestriel, le magazine Phosphore consacre un dossier aux études en éco-gestion à l’Université Paris-Dauphine. Dès le chapô, il est affirmé que "le nom de cette université est aussi prestigieux que celui des meilleures grandes écoles", ceci étant dû à sa singularité rappelée plus loin : dotée d’un statut de "grand établissement", elle "peut ainsi gérer de façon autonome la sélection de ses étudiants, sans passer par le portail APB". L’Université Paris-Dauphine se révèle particulièrement performante pour ce qui est de l’insertion professionnelle de ses étudiants, laquelle avoisine les 95 % et la place au niveau des meilleures business schools. Il faut dire qu’une association d’élèves y joue le rôle d’un cabinet de placement. Une autre spécificité de l’Université Paris-Dauphine est qu’elle s’est vu confirmer l’obtention du label Equis, lequel est détenu par 140 institutions dans le monde au rang desquelles les prestigieuses London Business School, Bentley University ou encore HEC et l’Essec. Outre une superbe bibliothèque entièrement rénovée en 2009, l’université ne compte pas moins de 80 associations pour le plus grand bien-être de ses étudiants. (Phosphore Hors-Série, octobre-novembre 2014)

Université Paris-Dauphine

Déjà annoncée à maintes reprises par la Correspondance de la Presse et la Correspondance de la Publicité, une conférence portant sur le thème “Quelle éthique pour la communication de crise ?” se tiendra dans les locaux de l’amphithéâtre Raymond Aron à l’Université Paris-Dauphine le mardi 18 novembre prochain. C’est sous le patronage de Syntec Conseil en Relations Publiques que l’évènement se déroulera. (Correspondance de la Publicité, Correspondance de la Presse 24 et 31/10)

L’Université Paris-Dauphine faisait l’objet d’une citation dans Les Echos le 21 octobre dernier pour avoir organisé une conférence en présence d’Ahmed Mohamed Al Sayed, qui exerce les fonctions de directeur général du fonds souverain du Qatar, Qatar Investment Authority (QIA). Cette tribune lui a fourni l’occasion de témoigner de son incompréhension totale du pessimisme qui règne en France, abondamment nourri par ceux que l’on appelle les déclinologues. Il a exprimé son souhait que QSI perpétue ses investissements dans l’Hexagone, notamment dans ces secteurs porteurs d’opportunité que sont l’hôtellerie, l’immobilier et le tourisme. Par ailleurs, le directeur de QIA, qui a martelé l’importance que revêtent les expressions “réseau” et “bâtir des relations” dans sa démarche, a mis en avant le fait que son fonds espérait tirer son épingle du jeu en profitant des tendances structurelles de l’économie mondiale, notamment grâce à son horizon d’investissement inscrit dans la durée. (Les Echos, 21/10; Challenges, 23-29/10)

C’est un invité pour le moins prestigieux qu’accueillait l’amphi n°8 de l’Université Paris-Dauphine le mardi 7 octobre dernier à l’invitation de Dauphine Discussion Débats : le quatrième président de la Ve République, Valery Giscard d’Estaing. Dans l’amphithéâtre bondé – à tel point que l’invité s’est enquis de la dureté du sol pour les infortunés qui n’ont pu trouver de siège –, il a présenté les idées-forces de l’ouvrage qu’il vient de publier aux éditions XO : Europa. Dans celui-ci, il se fait le chantre d’un directoire européen et de la nécessaire harmonisation fiscale et budgétaire. Pour ce faire, il préconise la constitution d’une Europe réduite à une douzaine d’Etats volontaristes qu’il appelle Europa. Optimiste, son intervention à l’Université Paris-Dauphine a été ponctuée par ces propos : "Nous avons connu la guerre, nous avons fait l’Europe pour la paix. Vous avez connu la crise, vous ferez l’Europe pour la puissance économique" (Le Monde, 09/10 ; Radio Classique, LCI, 08/10)

Chaires d’enseignement et de recherche

Le magazine Alternatives Economiques aborde dans sa dernière livraison la question du “climat : un bonus-malus planétaire”. Cette publication fait suite à l’annonce faite par Ségolène Royal début octobre de l’abandon de l’écotaxe, laquelle a conduit à la démission de Christian de Perthuis de ses fonctions de président du comité pour la fiscalité écologique. Il faut dire que pour celui qui est par ailleurs à la tête de la chaire Economie du Climat de l’Université Paris-Dauphine, la vanité des efforts a dû se faire cruellement ressentir : comment les émissions globales de CO2 pourront-elles se réduire si un coût, d’abord national puis international, n’est établi. La chaire Economie du Climat a pourtant élaboré des instruments qui permettraient de réduire les émissions carbonées : un bonus-malus qui verrait les pays dépassant un niveau moyen d’émission par habitant de la planète (6,3 tonnes de CO2 en 2011) abonder un Fonds vert dont la finalité serait de décarboner les économies des pays pauvres. Autre proposition de la chaire de l’Université Paris-Dauphine : unifier les systèmes déjà en place en Europe, aux Etats-Unis et en Chine (entités qui représentent à elles trois 56 % des émissions mondiales)  de manière à faire émerger un prix mondial du carbone. Alors que Paris accueillera l’année prochaine une conférence internationale sur le climat, l’heure est grave. (Alternatives Economiques, novembre 2011)

L’Agence France Presse rend cette semaine compte dans une dépêche des préconisations de la Chaire Economie du Climat de l’Université Paris-Dauphine en ce qui concerne la taxation des émissions de CO2 pour lutter contre le réchauffement climatique. Dans une note publiée mardi 7 octobre, les spécialistes de la tension économie – climat se font les chantres d’une tarification mondiale du carbone qui doit être rapidement mise en place "afin de pousser les gouvernements à jouer un jeu coopératif et inciter les acteurs économiques à réduire leurs émissions au plus faible coût". Précisé par le professeur à l’Université Paris-Dauphine Christian de Perthuis, lequel préside la Chaire Economie du Climat, ce projet pourrait prendre la forme d’un "système de bonus-malus, basé sur les émissions moyennes par tête et par an". Avec une moyenne mondiale de 6,3 tonnes par habitant en 2011 et une taxe de 7,5 dollars pour une tonne de carbone, les Etats-Unis se verraient les plus gros contributeurs de ce système avec 34 milliards de dollars, tandis que le principal bénéficiaire serait l’Inde avec 38 milliards de dollars.  De la sorte, les 100 milliards redistribués correspondant aux promesses du Fonds vert – qui tarde à être abondé –  faites aux pays du sud en 2009. Par ailleurs, les experts de l’Université Paris-Dauphine plaident pour la "mise en place d’un marché transcontinental du carbone, à partir des prototypes déjà développés en Europe, en Chine et aux Etats-Unis". (Le Journal de l’Environnement Newsletter, 16/10 ; Agence France Presse Economique, Agence France Presse mondiales, 07/10 ; Les Echos, 10-11/10 ; Enerpresse, 09/10)

L’Association pour l’emploi des cadres (APEC) vient de publier une enquête dont les résultats font frémir : pas moins de 37 % des bac+5 sont aujourd’hui au chômage un an après l’obtention de leur diplôme. Ce qui caractérise une situation sans précédent et amène à se pencher sur une autre étude réalisée par trois économistes de la chaire Transitions démographiques de l’Université Paris-Dauphine. À la lumière de celle-ci qui a passé au crible tous les transferts publics intergénérationnels, on découvre que les jeunes sont les grands oubliés d’un système français qui surtaxe les actifs et épargne les retraités. Aucun autre pays ne présenterait un arbitrage aussi défavorable aux jeunes générations, lesquelles ne jouissent que d’un poids extrêmement limité dans le débat public. François Hollande avait pourtant érigé la jeunesse en priorité numéro 1 de son quinquennat. (France Info, 02/10)

Enseignants et experts de Dauphine

Dans son édition du 27 octobre, l’hebdomadaire Option Finance consacre un article à la question “De l’importance de la relation avec ses banquiers en cas de crise”. Son signataire est Hervé Alexandre, professeur à l’Université Paris-Dauphine. Ce dernier commence par exposer que la question de l’accès des entreprises au crédit bancaire intéressait les économistes bien avant que la crise économique de 2008 n’éclate. Il présente ensuite la pratique de la syndication bancaire qui constitue la meilleure solution pour les entreprises de taille intermédiaire en ce sens qu’elle consiste en un partage de risque, l’asymétrie d’information structurelle à tout crédit étant alors partagée par les banques qui ont alors un niveau de participation limitée au syndicat. Au milieu des années 2000, les prêts bancaires syndiqués étaient devenus la principale source de financement pour les entreprises aux Etats-Unis. La crise financière de 2008 les a néanmoins considérablement réduits puisqu’ils sont passés de 9270 en 2007 à 7120 en 2008 (leurs montants cumulés passant de 44 615 milliards de dollars en 2007 à 24760 milliards de dollars en 2008). Ce qui a mis en lumière le fait que les prêts syndiqués n’étaient finalement pas plus résilients que les prêts bancaires classiques en période de crise. Une étude publiée en 2014 par Hervé Alexandre et deux de ses confrères délivre trois contributions majeures au sujet de ces prêts syndiqués : le premier enseignement est que “les relations bancaires influencent fortement les conditions des prêts” ; le deuxième apport de cet article est qu’il établit “une détermination simultanée des différentes caractérisations des prêts” ; enfin, il permet d’envisager la relation bancaire d’un point de vue qui ne soit pas quantitatif mais qualitatif. Ses conclusions essentielles sont la syndication interbancaire, quand bien même elle éloigne l’emprunteur du prêteur, n’élimine pas pour autant “totalement la possibilité de construire une relation de long terme permettant de bénéficier d’un meilleur accès au crédit en temps de crise”. (Option Finance, 27/10)

Thomas Porcher, professeur à l’Ecole Supérieure de Gestion et à l’Université Paris-Dauphine, était le 27 octobre dernier invité sur le plateau méridien d’Europe 1 pour se livrer à un débat contradictoire portant sur la problématique du contrat unique de travail. Pour rappel du contexte : quand les syndicats de travailleurs sont tous vent debout contre la mise en place d’un contrat unique, les patrons acclament le CDD en ce sens qu’il confère plus de flexibilité. 60 % des embauches réalisées au troisième trimestre sont des CDD dont la majorité avait une durée inférieure à un mois. Néanmoins, 87 % des salariés en France sont en CDI. D’emblée, Thomas Porcher clame sans ambages qu’il est contre le contrat de travail unique. “Ce n’est pas parce qu’on va changer de type de contrat que cela va créer de nouveaux emplois. C’est un problème de croissance économique, et aujourd’hui ce problème se joue sur la politique globale qui est menée en Europe. Il y a actuellement une croissance de 0 % dans la zone euro alors qu’on a des types de rigidité complètement différents. Le problème est plutôt un problème macro-économique qu’un problème interne économique”. Il développe par la suite ses arguments contre le contrat de travail unique : “les entreprises auront plus de mal à licencier ceux qui sont là depuis longtemps que les jeunes qui sont là depuis peu de temps : le coût de licenciement dépende de l’ancienneté. Donc il y aura un turnover très fort chez les jeunes.” Thomas Porcher dénonce la mise en opposition des salariés que le contrat unique va générer et conclut qu’il s’agit d’une “fausse bonne idée”. Il appelle à “ne pas confondre l’action et l’agitation”. Revenant sur l’exemple du CNE mis en œuvre par Dominique de Villepin, il estime que 2/3 des employeurs auraient de toute manière embauché et qu’il a juste favorisé le turnover dans les deux premières années sans créer d’incitation supplémentaire. Thomas Porcher insiste enfin une nouvelle fois sur le problème conjoncturel qui est le déterminant du chômage de masse : “tant qu’il n’y aura pas de croissance, ce problème perdurera”. (Europe 1, 27/10)

Appelé à réagir suite à la mort accidentelle de Christophe de Margerie, Patrice Geoffron, qui enseigne à l’Université Paris-Dauphine, livre son analyse prospective de la société Total.  Pour lui : “c’est une entreprise qui est encore tout à fait profitable même si la rentabilité est aujourd’hui plus faible”. Ceci s’explique par le fait qu’il faut aujourd’hui aller forer dans des endroits plus reculés, élément parmi d’autres qui ont concouru à l’augmentation des coûts de production. Par ailleurs, la rentabilité de Total est corrélée à la question du prix du pétrole, or Patrice Geoffron rappelle que l’on se projetait avant la crise de 2008 vers des prix très élevés, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Néanmoins, il affirme que “Total est une entreprise solide” dont le défi à relever dans les années à venir sera d’entrer dans la transition énergétique. L’enjeu va désormais être de privilégier dans la hiérarchie des énergies fossiles celles qui sont le moins nocives pour l’environnement. (France Musique, 21/10)

Plus d’un Français sur six s’adonne aux jeux de hasard. C’est par cette statistique que l’émission E=M6 introduit le reportage qu’elle consacre à la question “Comment mettre toutes les chances de son côté pour gagner ?”. Interviewé en sa qualité de statisticien, Djalil Chafaï, professeur à l’Université Paris-Dauphine, nous révèle les chances qui s’offrent à nous de rafler la mise. Reprenant l’exemple canonique d’un jeu universellement connu, il explique qu’en choisissant sur une grille 5 chiffres compris entre 1 et 50 puis 2 chiffres complémentaires choisis entre 1 et 11, la probabilité de gagner à ce tirage est égale au rapport de 1 sur le nombre de probabilités. Ce qui, en effectuant le calcul, équivaut à 1 sur 116 millions. Djalil Chafaï nous expose ensuite que tous les numéros ont rigoureusement la même probabilité d’apparaître. Dès lors, “pour gagner seul, on peut éviter les numéros que les gens jouent souvent”. Ainsi, il peut être astucieux de jouer les numéros supérieurs à 31 en ce sens que les gens jouent facilement leur date de naissance : ces numéros rapportent en effet en moyenne 30 % de plus que la catégorie des numéros de 1 à 31. (M6, 19/10)

Alors que le cours du baril de pétrole venait de passer sous la barre des 80 $, Philippe Chalmin, professeur à l’Université Paris-Dauphine et spécialiste des matières premières, était appelé à répondre le 16 octobre dernier sur le plateau de BFM TV à la question : y a-t-il une collusion entre Ryad et Washington ? Ce à quoi l’économiste a répondu de but en blanc : “Je ne pense pas que les Saoudiens qui, consciemment, poussent les prix à la baisse puissent le faire sans l’assentiment des Américains”. Il explicite son propos en exposant qu’à 80 $ le baril, le pétrole de schiste extrait aux Etats-Unis reste compétitif. Le grand perdant d’un tel cours du pétrole est en fait la Russie qui “tire la langue”. Philippe Chalmin explique que le budget russe a été bâti sur un cours de 100 $ le baril : à 80$ le baril sur toute une année, c’est une récession de 1,9 % du PIB russe qui se profile.  (BFM TV, 16/10)

Le marché du médicament est aujourd’hui en proie à de profonds bouleversements du fait de l’arrivée ‘un nouveau traitement contre l’hépatite C, le Sovaldi, dont le coût atteint la faramineuse somme de 1000 dollars le comprimé. Dans une tribune pour Le Monde, Claude Le Pen, qui dirige le master d’économie de la santé à l’Université Paris-Dauphine, s’intéresse à ce modèle économique  qui "repose sur une formule diabolique associant de manière inédite un prix élevé, une très grande efficacité thérapeutique et une large population cible : entre 100 000 et 200 000 patients en France pour l’hépatite C". Modèle économique qui bat en brèche les systèmes de gestion administrée des prix qui prévalent en Europe, lesquels se divisent en deux approches : l’une par l’efficacité (France, Allemagne), l’autre par l’efficience (Royaume-Uni). "Dans la première, le prix dépend surtout du service médical rendu, tel qu’il est évalué par une agence indépendante. (…) Dans la seconde, le prix n’est acceptable que s’il est compensé par la valeur économique de l’apport du produit à la santé publique", ce qui induit un difficile exercice de "monétarisation de la santé et de la vie humaines". L’arrivée sur le marché du Sovaldi amène Claude Le Pen à s’interroger : "va-t-on aller vers une série de budgets rigides pour chaque innovation médicamenteuse ?". Il apparaît en tout cas acquis qu’ "il faudra penser autrement le financement de l’innovation médicale". (Le Monde, 16/10)

Invité de La semaine de l’éco sur France 24, Sofiane Aboura, professeur d’économie à l’Université Paris-Dauphine, était appelé à réagir suite à la déclaration d’amour de Manuel Valls à la City de Londres formulée ainsi : "My government is pro-business". Pour lui, cette intervention a incontestablement permis de lever les doutes sur ses intentions, reste "à voir si sa majorité va le suivre". "Il est clair qu’étant donné que le climat des affaires est dégradé, il a eu raison", estime l’économiste. La question qui se pose à ses yeux est : "Peut-il aller plus loin dans les réformes en ce qui concerne le marché du travail ?", compte tenu des raisons idéologiques qui peuvent faire barrage quand ce n’est tout simplement l’inertie politique. Sofiane Aboura revient ensuite sur les spécificités du modèle britannique : il s’agit à ses yeux d’un modèle en demi-teinte en ce sens qu’ils ne sont pas dans la zone euro, qu’ils ont eu une politique monétaire expansionniste dès 2009 et qu’ils ont mis en œuvre une politique de contraction budgétaire très forte, particulièrement à l’endroit de leurs étudiants. En somme : "ils ont fait avant la zone euro leurs réformes, ils ont pris de l’avance". Alors que la réunion annuelle du FMI à Washington a livré de sombres perspectives pour la zone euro avec un taux de croissance qui plafonne à 0,8 %, une Allemagne qui connaît un véritable ralentissement, et que François Hollande a affirmé que la reprise était trop faible pour faire baisser de façon significative le chômage, Sofiane Aboura confirme que "bien entendu, c’est inquiétant pour les chômeurs qui vont avoir du mal à retrouver un job dans les deux prochaines années vraisemblablement". Si l’Allemagne reste le moteur de l’Europe – elle représente 1/3 de son économie – "sa force motrice se réduit" mécaniquement de par le fait que "les pays de la zone euro avec lesquels elle fait 60 % de ses échanges ont effectué des politiques de contraction budgétaire très forte". Pourtant, le gouvernement français bénéficie d’une véritable fenêtre d’opportunité en ce sens que "le coût de l’argent n’a jamais été aussi faible en Occident", avec des taux d’emprunt sur dix ans exceptionnellement bas. Revenant sur la sortie de Manuel Valls sur l’allocation-chômage, le professeur à l’Université Paris-Dauphine  explique que "par définition, quand le taux de chômage monte, le montant des allocations versées monte", ainsi que le veut le principe assurantiel qui régit le régime. Il expose que la France a fait le choix du chômage de masse couplé à l’emploi protégé. Néanmoins, à ses yeux, la durée de l’indemnisation pas plus que sa générosité n’expliquent un tel niveau du chômage dans notre pays. (France 24, 10/10)

Tandis que l’INSEE vient de publier des chiffres faisant état d’une dette publique qui pour la première fois franchit le seuil symbolique des 2000 milliards d’euros, le chercheur en science politique au CNRS/Université Paris-Dauphine Benjamin Lemoine consacre un article à la question dans lequel il s’efforce de battre en brèche nombre d’idées reçues sur la question. Parmi ces dernières : "la faillite de l’Etat est proche ; le politique est coupable d’avoir laissé filer cette dette et d’être complètement impuissant ; l’Etat est obèse, les services publics trop abondants ; les générations futures seront lourdement handicapées par ce fardeau ; enfin, la contrainte des marchés financiers, matérialisée par le niveau des taux d’emprunt d’Etat, est l’incarnation ultime de l’indépassable réalité". Benjamin Lemoine y répond point par point, fustigeant au passage "les apparats de l’évidence arithmétique" : "Non, un Etat ne fait pas faillite, mais il fait éventuellement "défaut" sur sa dette". Il cite les résultats d’un audit citoyen sur la dette qui a chiffré en mai dernier que, "pour près de la moitié, le volume de la dette publique avait pour cause d’une part les cadeaux fiscaux aux classes sociales les plus aisées, d’autre part la flambée des taux d’intérêt des années 1980 et 1990". Le chercheur en science politique de l’Université Paris-Dauphine rappelle également "le circuit du trésor" qui se dessinait jusqu’au milieu des années 1970 et qui consistait en des dispositifs qui contraignaient les banques à souscrire une dose d’emprunt d’Etat à un prix déterminé par les autorités. Pour lui, "en continuant d’évacuer du champ des possibles ces expérimentations qui ont fait en grande partie le succès des "trente glorieuses", les gouvernements se maintiennent dans l’étau des taux d’emprunt fixés par le libre jeu de l’offre et de la demande sur le marché des dettes souveraines". Sa contribution se conclut par cette injonction : "Il est temps de reconnaître que, loin de refléter la réalité avec la neutralité d’un miroir, la manière de chiffrer la dette et d’interpréter ces nombres publiquement contribue activement à façonner un certain ordre politique et économique dans lequel l’Etat est gouverné comme un être prétendument faillible, et les acteurs et les organisations de la finance privée préservés de façon durable". (Le Monde Eco & Entreprise, 10/10)

Alors les débats parlementaires viennent de commencer autour du projet de loi sur la transition énergétique, le professeur d’économie associé à l’Université Paris-Dauphine Frédéric Gonand salue le fait que "le texte aborde résolument une question dont l’ampleur fait justement l’objet d’une prise de conscience assez récente : la pollution de l’air". Il s’agit en effet d’un sujet majeur en ce sens que "l’Organisation mondiale de la Santé estime à 7 millions le nombre de décès prématurés imputables en 2012 à la pollution de l’air" et "qu’en Europe, elle est responsable d’environ dix fois plus de décès prématurés que les accidents de la route chaque année". Frédéric Gonand exhorte à se réjouir que les dispositions du projet de loi sur la transition énergétique aillent dans le bon sens : à savoir la mise en place de taxes adaptées, de marchés de droit à polluer, l’émergence d’un marché de la purification de l’air et l’institution d’une "économie de l’air pur, créative et non punitive". (L’Opinion, 07/10)

Alors que le Sénat vient d’être renouvelé de moitié et que le Palais du Luxembourg affiche désormais un maigre taux de féminisation de 25 %, la professeure de science politique à l’Université Paris-Dauphine Catherine Achin cosigne une tribune dans Libération intitulée "La parité en politique : une révolution conservatrice". Si la loi fondatrice du 6 juin 2000, dite loi sur la parité en politique, a été étendue à d’autres secteurs de la vie sociale et professionnelle tels que les conseils d’administration ou les conseils de surveillance, "le champ politique reste un lieu où le machisme (parfois croisé avec du racisme et du mépris de classe) s’affiche sans grands complexes". Ainsi, Cécile Duflot a pu pâtir des problèmes d’identité des femmes en politique avec d’une part l’affaire du jean en Conseil des ministres, suivie de celle de sa robe bleue légère pour les questions au gouvernement. Il est tout à fait significatif que les partis politiques préfèrent se priver de subventions publiques plutôt que de respecter la parité pour les législatives. Peut-être plus encore que même dans les scrutins qui imposent l’alternance sexuée des listes, les assemblées élues portent néanmoins très majoritairement des hommes à leurs têtes, "un plafond de verre interdisant encore aux femmes les postes les plus valorisés de l’espace politique et surtout ceux de la présidence des exécutifs". Dès lors, Catherine Achin et sa co-auteure dénoncent une "bonne volonté paritaire qui fonctionne en trompe l’œil (…) et masque la fragilité de la professionnalisation de la plupart des femmes politiques". Ce qui les amène à conclure qu’ "en politique peut-être plus qu’ailleurs, en dépit des apparences, les choses sont en ordre et le rapport de pouvoir des hommes sur les femmes ne semble pas prêt d’être renversé". (Libération, 06/10)

Pour sa dernière chronique dans le Monde Eco & Entreprise, le maître de conférences à l’Université Paris-Dauphine Pierre Bezbakh s’intéresse à la singularité de la politique économique conduite par Pierre Laval en sa qualité de président du Conseil pendant les années 1930. Celui qui resterait dans l’Histoire pour avoir mené une politique active de collaboration avec l’Allemagne nazie à partir de 1940 fut auparavant un élu socialiste qui fit voter en 1930 une loi créant les assurances-vieillesse et une autre instituant des assurances sociales pour 6 millions de salariés. Quand il devient président du Conseil en juin 1935 à la tête d’un gouvernement nationale, la crise mondiale qui jusqu’alors avait globalement épargné l’hexagone le frappe de plein fouet. La dette publique est alors passée de 75 % du PIB en 1930 à 133 %, tandis que les prix ont chuté de plus de 30 %. Dès lors, Pierre Laval s’est employé à mener une politique déflationniste pour rétablir la compétitivité des produits français qui pâtissaient alors d’un "franc Poincaré" notoirement surévalué. Ainsi, il prit des décrets qui imposaient une baisse de 10 % des dépenses publiques et de 3 à 10 % du traitement des fonctionnaires. Paradoxalement, la demande intérieure connut un mouvement à la hausse qu’Alfred Sauvy explique, dans son Histoire économique de la France entre les deux guerres, par le rôle de la Banque de France "qui créa de la monnaie, en répondant aux demandes des banques commerciales et en rachetant les bons du Trésor émis par l’Etat". Ces années déflationnistes ont fait la démonstration que "la baisse des dépenses publiques, la hausse des prélèvements fiscaux et le blocage des salaires ne peuvent éviter d’avoir un effet dépressif sur l’activité que si l’économie est soutenue par une politique monétaire très "accommodante" (rachat de dettes publiques et/ou financement direct de l’économie. Ce qui conduit inévitablement Pierre Bezbakh à dresser un parallèle avec la Banque Centrale Européenne qui aujourd’hui mène une politique monétaire aux antipodes de ce qui préserva la France des années 1930 : malgré les exhortations des keynésiens, elle persévère dans son "orthodoxie" et se contente de juguler l’inflation. (Le Monde Eco & Entreprise, 04/10)

À l’heure où le gouvernement finalise son projet de réforme territoriale, France 3 Limousin consacre un sujet à l’identité limousine. En sa qualité de sociologue, le maître de conférences à l’Université Paris-Dauphine Pierre Maclouf est interviewé. Il commence son intervention en rappelant que l’identité est à la fois "ce qui vous différencie des autres et vous fait être vous-même et pas quelqu’un d’autre ; mais également ce qui vous fait être identique, ce qui vous rapproche". Le sociologue enchaîne en affirmant qu’assurément, il y a quelque-chose qui particularise les Limousins. Cette spécificité limousine serait d’une part contenue dans les rapports particuliers au monde rural, à l’environnement, au poids de l’histoire qui s’y nouent, d’autre part dans le certain enclavement qui caractérise la région, voire parfois sa tendance à l’autodénigrement. Pour Pierre Maclouf, "il y a un certain effritement de repères qui étaient bien installés, notamment le cadre de l’Etat, de l’Etat-Nation". Or, "les gens sont à la recherche d’un cadre de proximité dans lequel s’exercent des solidarités". Il signale alors que dans le Limousin, la région administrative recouvre la région identitaire : il y a une "coïncidence entre la région spontanée et la région politique et administrative". Il pointe le risque de conséquences sur la participation civique si "des régions comme celle-ci se retrouvent dissoutes ou raccordées de manière artificielle à des ensembles beaucoup trop lointains". Néanmoins, il observe que "le Limousin est une région spontanée qui a des racines historiques et culturelles" antérieures aux constructions administratives du 20e siècle. Dès lors, "il continuera de toute façon à exister un Limousin qui s’inscrit dans ce mode de vie, dans les pratiques industrielles et agricoles, dans la relation au territoire, dans la toponymie… Le Limousin ne va pas disparaître demain matin !". (France 3 Limousin, 03/10)

Étudiants de Dauphine

Alors que se tenaient du 16 au 18 octobre les 8e Assises internationales du journalisme et de l’information, le magazine Stratégies consacre un article à la profession. On y apprend par l’intermédiaire de Jean-Marie Charon, sociologue des médias, que “depuis 2006, il y a une diminution de 1,6 % des délivrances de carte de presse en France”, chiffre à mettre en parallèle avec “les Etats-Unis ou l’Espagne, où ces effectifs ont plutôt chuté de 30 % depuis le début de la crise économique”. Le fait d’être issu d’une des quatorze écoles reconnues par la profession ne préserve pas de la précarité : quelque 51 % des jeunes journalistes provenant de l’une d’elles sont pigistes au moment de leur première demande de carte de presse. Une étude réalisée par la Conférence nationale des métiers du journalisme et relayée auprès des écoles partenaires dont l’Institut Pratique du Journalisme fait partie révèle que la majorité des étudiants en journalisme aspirent à devenir rédacteur polyvalent. Au panthéon de leurs idoles, le fondateur de Mediapart  Edwy Plenel a détrôné Albert Londres. (Stratégies, 30/10)

L’Université Paris-Dauphine compte parmi ses anciens étudiants des personnes de renommée internationale : c’est ce qui s’est vérifié cette semaine avec l’attribution du "prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel", couramment appelé le "prix Nobel d’Economie", à Jean Tirole. L’économiste, natif de Troyes âgé de 61 ans, préside actuellement la Fondation Jean-Jacques Laffont /Toulouse Sciences Economiques (TSE) et exerce par ailleurs en tant que professeur invité au prestigieux Massachussetts Institute of Technology. Ses travaux qui ont conduit à cette suprême distinction ont porté sur la "théorie des jeux", laquelle décortique les mécanismes à l’œuvre et les arbitrages derrière les décisions des agents économiques, pénétrant ainsi le champ de la psychologie. Par ailleurs, l’économiste s’était distingué en 2003 en appelant à une refonte complète du marché du travail, proposant la très libérale création d’un contrat de travail unique. À noter que Jean Tirole fut l’un des deux seuls économistes à recevoir en France une médaille d’or du CNRS, l’autre étant Maurice Allais, également Nobel d’Économie en 1988. Surtout, rappelons que celui qui fait aujourd’hui rayonner la France dans le monde soutint sa thèse à l’Université Paris-Dauphine. (France 24, 10/10)

Le cabinet Deloitte vient de réaliser une étude à l’occasion du Mondial de l’Automobile consacrée au rapport à l’automobile de la "génération Y", ces jeunes aujourd’hui âgés de 19 à 31 ans, digital natives qui sont nés avec Internet et les réseaux sociaux. L’analyse de ses résultats a été confiée à des étudiants provenant de trois écoles, parmi lesquelles l’Université Paris-Dauphine. Cette enquête met en lumière le fait que la génération Y, qui représente 15 % de la population et composera surtout 40 % des actifs en 2025, n’a pas réellement de différences marquées par rapport aux autres. Ainsi, ils sont 61 % à projeter d’acheter un véhicule dans les cinq ans. Ce qui caractériserait la "Gen Y", c’est peut-être la surreprésentation du facteur de la marque. Ils sont 24 % à y accorder de l’importance contre 14 % dans le reste de la population. Ce que l’étudiante à l’Université Paris-Dauphine Daphné Guedon explique par le fait qu’il s’agit d’une "génération narcissique". (L’Argus Pro, Auto Infos Newsletter, 01/10)