Retour sur

Open et big data : quels enjeux pour les professionnels de l’information sur la formation ?

A l’ère de la révolution des données, retour sur les premières assises nationales de l’information sur la formation, organisées en partenariat avec l’Université Paris-Dauphine.

Dans un environnement en pleine mutation et à l’heure de la dématérialisation, les dispositifs de formation et leurs financements sont en pleine évolution. L’arrivée des open et du big data alliée à la réforme de la formation sont autant de raisons pour les acteurs du secteur de réfléchir sur l’évolution de leur métier et de ses pratiques. Un impératif dans un contexte où l’accès à l’information s’il est essentiel, reste toutefois difficile. Anne de Blignières-Légeraud, Maître de conférences à l’université Paris-Dauphine, a présenté, le 31 janvier 2017, les problématiques abordées lors des premières Assises nationales de l’information sur la formation, initiées par le réseau des Carif-Oref et Centre Inffo en partenariat avec l’Université Paris-Dauphine.

L’enseignante rappelle que l’université compte parmi ses missions premières la formation, et notamment, la formation continue. « C’est un lieu où les professionnels viennent réfléchir sur leurs pratiques et construire de nouveaux référentiels d’actions au regard des évolutions de leur environnement », a-t-elle souligné. Elle a d’ailleurs proposé de formuler la question sous-jacente des Assises d’une manière pragmatique : « Compte tenu des enjeux actuels de nos métiers et de nos pratiques, comment y faire contribuer la révolution du big data ? ».

Apprendre, une nouvelle méta-compétence

Anne de Blignières-Légeraud a insisté sur deux enjeux clés caractérisant la problématique information/ formation. Le premier porte sur un changement de logique paradigme. ? « Plus qu’une offre de formation, il s’agit de promouvoir des dispositifs pour accompagner les individus dans des parcours apprenants à 360°. Ces parcours doivent englober toutes les catégories d’expériences (professionnelle, de vie, d’apprentissage…), et associer des modalités différentes (formation formelle, VAE…). L’objectif du savoir apprendre tout au long de la vie est devenu une sorte de méta-compétence au développement de laquelle devra s’attacher tout système de formation. »

Traçabilité des formations

Le deuxième enjeu, corrélé au premier, concerne la traçabilité des données individuelles aux fins de formation. « Il nous est demandé d’être capables de transformer les expériences en informations à même d’alimenter la formation des individus. La question qui nous est posée en tant que formateurs et responsables de formation est de savoir comment saisir les données issues de l’expérience pour les transformer en formation. »

Au-delà du face-à-face pédagogique

De son côté, Patrice Guézou, Directeur emploi-formation-entrepreneuriat à la CCI France a insisté sur la nécessité de faire évoluer la stricte notion de formation qui n’est plus à la hauteur des enjeux de qualification que les individus, les entreprises et les territoires réclament aujourd’hui. « Penser formation aujourd’hui, a-t-il ajouté, c’est penser développement des compétences et ouvrir le champ sur des formes organisationnelles qui ne sont plus ou pas les formes largement développées, à savoir les centres de formation stricto sensu. »
Quant à savoir comment les financeurs vont investir dans les structures de formation ? « Nous faisons le pari qu’investir uniquement sur le face-à-face pédagogique et sur les espaces délivrant des modules de formation est une offre dépassée au regard des attentes des individus, des entreprises et des territoires. »

En savoir plus sur l'Executive Master Management de la Formation, en formation continue à l'Université Paris-Dauphine.